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Prévisions de l’impact du changement climatique en Aubrac sur l’aire de nidification potentielle de Lanius excubitor

Publié le 15 juin 2026


(a) Carte de nidification potentielle de Lanius excubitor sur l’Aubrac en 2022-2026 (MaxEnt, QGIS) ; (b) Carte de répartition potentielle de Lanius excubitor en 2050 et en 2100 selon le scénario 4.5 ; (c) Carte de répartition potentielle de Lanius excubitor en 2050 et en 2100 selon le scénario 8.5 (Poster scientifique, Stage Master 1 – PNR Aubrac,, Mai 2026)

Le massif de l’Aubrac constitue encore un bastion important de la reproduction de la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) au sein du Massif central. Le Parc naturel régional de l’Aubrac (PNRA) engage une démarche de déclinaison locale du Plan national d’actions pour la Pie-grièche grise. Dans ce cadre, et dans un contexte de changement climatique, une analyse de l’effet potentiel de variables climatiques sensibles pour l’écologie de l’oiseau a été menée en vue d’évaluer la réponse prévisible de l’aire de favorabilité à l’horizon 2050 et 2100 pour l’accueil des effectifs nicheurs.

Cette étude modélise ainsi l’évolution de l’aire de nidification potentielle de la Pie-grièche grise sur le plateau de l’Aubrac entre l’époque actuelle (2022-2026) et les années 2050 et 2100, selon deux scénarios d’émissions de gaz à effet de serre (GES) issus du programme Aubrac 2050 – TACCT (PNR Aubrac, ADEME, 2025). Actuellement étendue sur 849 km², cette aire de reproduction potentielle dépendrait de conditions thermiques précises (moyenne annuelle de 6,5 °C, hivers très froids, minimum de fortes chaleurs). Le scénario optimiste (RCP 4.5, stabilisation des émissions de GES) prévoit une perte de 64 % du territoire d’ici 2050 et de 80 % en 2100. Le scénario pessimiste (RCP 8.5, poursuite des émissions actuelles) entraînerait cette perte de 80 % de l’aire de reproduction potentielle deux fois plus rapidement, dès 2050. Une disparition quasi totale de 99 % des zones favorables à la nidification de l’espèce sur l’Aubrac pourrait alors être atteinte d’ici la fin du siècle.

La comparaison des scénarios souligne l’impérative et urgente nécessité d’agir sur les émissions de GES pour ralentir la dégradation des conditions écologiques favorables, offrant un délai crucial pour la stratégie de conservation du Parc naturel régional. Les premiers résultats de ce travail permettent déjà d’identifier les zones refuges à terme et d’orienter ainsi l’action du Parc, notamment à travers l’animation et le déploiement de contractualisations agro-environnementales (Mesures agro-environnementales et climatiques, Paiements pour services environnementaux, Pacte en faveur de la haie…).

Toutefois, il convient d’optimiser encore la précision des modèles futurs par l’agrégation et la pondération de nouveaux paramètres climatiques, en tenant compte des possibles réponses écologiques des milieux naturels (état fonctionnel, ressources alimentaires…) ainsi que des éventuels changements et adaptations des pratiques agricoles face aux évolutions climatiques.

Texte : Clementine Verot, M1 Université Jean Monnet – Saint-Etienne & Bertrand Goguillon – PNR de l’Aubrac. Image: Romain Riols (LPO AURA)

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