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La différence de durée et de parcours entre la migration prénuptiale et postnuptiale chez la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator)

Publié le 30 septembre 2025

Matériel et méthode : Vingt-sept oiseaux ont été équipés de loggers entre 2020 et 2022 dans le département de l’Hérault. Cinq mâles ont pu être contrôlés et fournir des données exploitables. Durant la même période de capture, vingt oiseaux ont été équipés uniquement de bagues. Six de ces individus ont été observés l’année suivant leur marquage, soit un taux de retour de 30 %, similaire à celui des oiseaux équipés.

Migration postnuptiale : Durant la migration postnuptiale, les oiseaux sont partis entre la fin juillet et la mi-août, réalisant de longues haltes en Espagne ou au Maroc (12 à 18 jours), puis de nouveau en Mauritanie ou au Mali (3 à 7 jours), avant d’atteindre leurs zones d’hivernage au Sahel (est du Mali, ouest du Niger, nord du Nigeria) au début du mois d’octobre. La durée moyenne de la migration postnuptiale était de 52 jours.

Migration prénuptiale : Au printemps, la route de migration est beaucoup plus directe, avec une durée moyenne de 15 jours et des arrêts d’une durée médiane de 20 heures. L’arrivée sur les zones de reproduction est fortement synchronisée, avec des arrivées entre le 27 avril et le 1er mai. Ces trajets plus courts s’expliquent par une traversée directe du Sahara plutôt que par un détour par l’Afrique de l’Ouest.

Implications pour la conservation de l’espèce : Les pies-grièches à tête rousse équipées ne sont présentes que trois mois sur leurs zones françaises de reproduction. Cette fenêtre de présence réduite doit inciter à éviter toute mesure de gestion des habitats durant cette période. De plus, cela souligne l’importance des zones d’hivernage pour la conservation de l’espèce.

L’évolution du climat au Sahel est beaucoup plus rapide et plus extrême que dans le reste du monde. Cette dynamique accentue la vulnérabilité des sociétés humaines, générant davantage de pression sur les habitats naturels. Les projections annoncent également une augmentation des précipitations au Mali et au Niger, où hivernent les pies-grièches à tête rousse. L’espèce arrivant tôt au Sahel, les pies-grièches à tête rousse pourraient tout de même bénéficier dans le futur de l’augmentation des pluies estivales pour achever leur mue postnuptiale dans cette région.

Rédacteur: Frederic Jiguet (CESCO), crédit photo :Christophe de Franceschi

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