Menaces

Cinq espèces à protéger

Bien que les effectifs des populations soient différents entre les cinq espèces de pies-grièches, elles sont toutes en diminution en France. Plusieurs facteurs de pression en sont à l’origine.

Quels sont les statuts de conservation des cinq espèces en France ?

Quelles sont les menaces sur les pies-grièches ?

Des habitats en perdition

Les 5 espèces de pies-grièches sont inféodées aux milieux caractéristiques semi-ouverts entretenus par les animaux de pâturage des activités pastorales extensives.

Les sols nus et les herbes rases constituent des terrains de chasse idéaux, abritent un grand nombre de proies telles que les insectes coprophages, tandis que les zones arborées et buissonnantes offrent des zones propices à la nidification.

Leur mode de vie dépend étroitement de la santé de ces milieux, de leur accessibilité et de la qualité des ressources qu’ils offrent, ce qui est particulièrement vrai pour la Pie-grièche grise, qui couvre des territoires étendus (jusqu’à plus de 50 ha).

Ces paramètres rendent les pies-grièches sensibles à la diminution croissante des habitats semi-ouverts, remplacés par des milieux soit totalement fermés (sylviculture), soit totalement ouverts (grandes cultures). Ainsi, le déclin progressif des formes extensives d’agriculture, notamment d’ovins et de bovins, est l’une des menaces les plus importantes pour les populations nicheuses en France. L’urbanisation de certains milieux naturels des pies-grièches participe à leur déclin, conjointement à l’augmentation des cas de mortalité par collision avec des lignes électriques, des véhicules et d’autres infrastructures.

Les populations hivernantes en Afrique font aussi face à de nombreuses menaces : disparition des ressources naturelles, surpâturage, sécheresses, etc.

Toujours plus de dérangement

Les travaux « d’entretien » des haies, les écobuages ou la gestion de la végétation constituent des facteurs de dérangement direct et peuvent entraîner un échec de nidification et de reproduction durant les périodes concernées, lorsqu’ils ne sont pas la cause directe de la destruction d’un nid. Les pies-grièches sont particulièrement sensibles aux différentes sources de dérangement à proximité de leur nid : passages fréquents, pratiques motorisées de plein air, machines et travaux, affectant directement le succès reproducteur de ces espèces. C’est particulièrement le cas des Pies-grièches à tête rousse, méridionale et écorcheur, qui nichent parfois dans les ouvrages DFCI (Défense des forêts contre les incendies), leur offrant des milieux semi-ouverts propices mais soumis à des travaux d’entretien fréquents.

Broyage d'une haie © Raphaël Bussiere
Broyage d'une haie © Raphaël Bussiere
Fils plastiques utilisés pour la construction d'un nid © Raphaël Bussiere

De moins en moins à manger, de plus en plus toxique

La diminution des ressources trophiques constitue une menace pour les différentes espèces de pies-grièches, peut-être en partie en raison de l’utilisation de médicaments antiparasitaires pour les animaux d’élevage. Les molécules nocives présentes dans les déjections contaminent et s’accumulent dans les sols lors de leur épandage sur les parcelles agricoles. Les insectes coprophages, qui s’en nourrissent, sont alors contaminés, en particulier durant leurs périodes de reproduction au printemps et à l’automne. Cette perte de populations d’insectes par intoxication s’ajoute à la disparition de leurs habitats, réduisant fortement les ressources alimentaires disponibles pour les pies-grièches.

Un monde dangereux

Les causes de mortalité accidentelle chez les pies-grièches sont nombreuses. Des cas de noyade dans des abreuvoirs pour le bétail sont ainsi occasionnellement rapportés. Les débris plastiques agricoles (ficelles en PVC), utilisés par les adultes pour la construction des nids, peuvent également entraîner la mort des jeunes qui s’y enchevêtrent.

Enfin, les espèces migratrices transitant par le pourtour méditerranéen sont la cible de destructions volontaires. C’est le cas des Pies-grièches à tête rousse, écorcheur et à poitrine rose, qui sont chassées et piégées durant leurs périodes de migration.

 

 

 

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